Un truc en plus dans le regard qui faisait qu’on l’appelait « Monsieur »
On était p’tits, juste des mômes qui apprenaient à être heureux
Mais pour lui nous étions des grands, l’esprit et l’âme de l’avenir
Et dans ses mots, dans tous ses gestes, tellement d’amour à nous offrir
Une présence rassurante quand la vie nous faisait du mal
Alignés sur nos bancs de bois devant ce cœur si peu banal
Il se coupait en quatre, en huit, aurait pu s’enlever les deux bras
Pour que tous nous puissions grandir sans avoir jamais peur ni froid.
Une façon de dire les choses pour qu’on les comprenne sans attendre
Il nous donnait confiance en nous, toujours il voulait nous apprendre
Que c’était en y croyant fort qu’on arriverait au sommet
De ces montagnes infranchissables qui devant nos vies se dressaient.
C’était bien plus que son métier, on appelle ça une vocation
Jamais il ne laissait tomber, dans ses yeux brillait la passion
Sa voix résonne dans ma tête, je n’étais haute que de trois pommes
Il était comme un second père, une belle épaule, un grand bonhomme
Des années pleines d’incertitude ont passé vite comme l’éclair
Je me suis perdue comme tout le monde, sur mon chemin plus de repères
Mais aujourd’hui je me sens prête à me réaliser vraiment
Parce qu’un jour, cet ange là m’a dit que j’avais du talent.
On m’a dit qu’il était parti rejoindre ses amis là haut
Une belle étoile qui s’est éteinte et prés de son lit ma photo.
Sur sa tombe, y’avait juste son nom, quand j’suis allée lui dire adieu
Mais pour nous qui sommes orphelins, il sera pour toujours « Monsieur ».



